Bulle culturelle n°7

Photo 2017, Marie-Claire Roux

De quelle installation ces constructions sont-elles les vestiges ?

Ce sont les cabines de la baignade de Ris. La baignade était interdite à Ris-Orangis depuis un arrêté municipal du 13 juillet 1886. Une baignade fut aménagée vers 1930 au niveau du parc de Fromont. On y construisit un ponton, des cabines de bain et des bassins.

Se baigner dans la Seine en Ile-de-France, l’idée peut aujourd’hui sembler étrange, cela était pourtant courant jusque dans les années 1960. Interdit dans Paris dès 1923, se baigner dans le fleuve ne sera interdit en Essonne que par un arrêté préfectoral de 2017 à cause de la pollution, de l’augmentation du trafic fluvial et de l’envasement. La qualité de l’eau de la Seine est pourtant meilleure depuis les années 1970 mais les réglementations sanitaires sont plus strictes.

Des baignades avaient été aménagées à Draveil, Athis-Mons, Evry, Saintry-sur-Seine, Corbeil-Essonnes ou Ris-Orangis. Les baignades pouvaient être publiques ou privées, comme la baignade Roth à Athis-Mons, ouverte en 1935 par le propriétaire du café du même nom, sur le quai de l’Orge. Elle fermera jusqu’en 1955, les équipements étant devenus trop vétustes. Elle a fait pendant 20 ans le bonheur des enfants de la ville :

« A la belle saison, beaucoup d’enfants du Val d’Athis dont je faisais partie […] allaient tout naturellement à pied avec le patronage de M. François Laurent, curé de la paroisse, à la baignade de M. Roth […]. Il fallait entendre les cris et les rires au milieu des remous et des éclaboussures. On pouvait louer également de grosses chambres à air de pneus de camions ou nous nous asseyions à plusieurs, improvisant ainsi des combats navals et autres facéties. Le temps passait trop vite et nous rentrions à la maison en fin d’après-midi, joyeux mais fourbus, ne pensant qu’à remettre cela le jeudi suivant. » J-P. Guérin

A Draveil, la base régionale de plein air et de loisirs d’Île-de-France du Port-aux-cerises s’est implantée à l’emplacement des anciennes sablières, lieux d’extraction du sable. Ces dernières s’étaient développées à partir des années 1860, parallèlement à l’augmentation des besoins de la capitale en matériaux de construction. Après la fin de leur exploitation, les fouilles de sables se sont remplies d’eau et les espaces industriels ont été reconvertis en zones de loisirs. Lieu de baignade depuis les années 1960, la base régionale de plein air et de loisirs du Port-aux-cerises a été inaugurée en 1980.

Carte postale, années 1910

Où se situe cette baignade ?

Ce sont les bords de la Seine à Corbeil, au lieu-dit la Croix-Rouge, qui est un lieu de baignade depuis 1900, dans un coude de la Seine sur la rive gauche. La baignade municipale de Corbeil est aménagée à cet emplacement et ouvre en 1933. Elle fermera en 1967

Dans le cadre des jo prévus à Paris en 2024, il existe un projet de réinstallation de baignades sur la Seine en amont de Paris. Corbeil-Essonnes est l’une des villes, avec Vitry-sur-Seine et Etiolles, qui pourraient atteindre les exigences en termes de qualité de l’eau nécessaires. à l’ouverture d’une baignade à l’occasion des jeux olympiques de 2024. A cette fin, des prélèvements sont réalisés depuis 2018 pour mesurer la qualité de l’eau.

Merci à Serge Bianchi et Alexis Linge et Viviane André du CAUE 91 et à sb pour leurs articles dans le cahier Banlieue sur Seine. Histoire et devenir des usages et paysages du fleuve qui ont servi de base à la rédaction de cette bulle.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *