Bulle culturelle n°18

Carte postale, années 1980

A quel endroit se trouvent ces baigneurs ?

Ces baigneurs se sont installés à la base régionale de plein air et de loisirs d’Île-de-France du Port-aux-cerises, à Draveil. Cette base de loisirs a été inaugurée en 1980, même si elle s’était implantée à cet endroit depuis 1960. Les bassins sont le résultat de l’extraction du sable développée à partir des années 1860. L’épuisement des matériaux dès les années 1930 s’est traduit par une montée des eaux au détriment des fouilles. Un camp de vacances international géré par les Faucons rouges socialistes puis par les Scouts de France s’est installé sur les fouilles Laveissière à Draveil entre 1932 et 1935. Le développement de la base de loisirs du Port-aux-Cerises s’est fait en parallèle de la reconstruction d’un pont reliant Draveil à Juvisy-sur-Orge et sa gare, en remplacement du précédent détruit en 1940 et 1944, ce qui en a facilité l’accès. La surface occupée a fortement augmenté depuis sa création et comprend aujourd’hui un terrain acheté à la famille de Courcel, l’étang Saint-Hubert, le domaine des Mousseaux et les fouilles Laveissière.

[photo contemporaine ou ancienne]

Carte postale, vers 1900, association Images Mémoire draveilloise

Quel matériau était extrait ici ?

On extrayait du sable dans ces fouilles aujourd’hui transformées en base de loisirs. Le sable, tout comme d’autres matériaux, a principalement été exploité pour répondre à la demande des chantiers de construction.

Extrait dans un premier temps à Créteil, le sable va, suite à l’épuisement des sols, être exploité dans des fouilles sur les rives de la Seine, à Draveil, Viry-Chatillon, Ris ou Soisy. Se développent donc en parallèle au XIXe siècle deux paysages de la Seine : celui des loisirs et de la villégiature, et celui de l’industrie et de l’extraction des matériaux. Ce second paysage est composé de dragues à godet qui permettent de chercher le sable dans le lit du fleuve, d’élévateurs, de pompes et de cribles, qui servent à séparer des fragments solides en fonction de leur grosseur. Tout ceci est relié à des remorqueurs et à des navires qui transportent le sable vers Paris. Le port de Vigneux est, à la fin du XIXe siècle, le troisième port fluvial de France par le tonnage, derrière Paris et Rouen. Les bateaux ne servent pas qu’au transport, certains sont utilisés pour loger les ouvriers. 

Les sablières deviennent des employeurs très important dans les villes dans lesquelles elles sont installées, plus du quart de la population de Vigneux-sur-Seine y travaille. Des conflits sociaux éclatent et sont pour certains illustrés par des cartes postales. Ce fut le cas d’une grève de 1908 à l’issue de laquelle six ouvriers ont trouvé la mort à Vigneux-sur-Seine et à Villeneuve-Saint-Georges.

Merci à Serge Bianchi pour son article dans le cahier Banlieue sur Seine. Histoire et devenir des usages et paysages du fleuve qui a servi de base à la rédaction de cette bulle.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *