Bulle culturelle n°17

Carte postale, années 1920

Quelle pierre était extraite dans cette carrière ?

Dans cette carrière située à Grigny, dans les environs de Morsang-sur-Orge était extraite de la pierre meulière. Grigny et Viry-Chatillon accueillaient, à la fin du XIXe siècle, les exploitations les plus modernes, celles de Bouton et Piketty puis Piketty et frères. Dans la monographie communale, rédigée, en 1899, il est noté que les pierres extraites à Viry-Chatillon ont servi pour l’exposition universelle de 1900 et pour la construction du métro.

Les établissements Piketty ont construit un port privé en 1896 pour compenser les trop faibles capacités du port de Chatillon. Le travail de chargement était très physique, les bardeurs devant lancer des moellons d’une vingtaine de kilos depuis les wagonnets jusqu’aux bateaux. Ceux-ci étaient inclinés pour faciliter le transfert. Ce n’est qu’en 1912 que le port sera mécanisé. Dès lors, ce sont des grues qui basculent directement les wagonnets dans la cale des péniches.

Pour livrer la meulière, Charles Piketty a fondé une compagnie de transport fluvial et acheté un quai à Paris. Il a conçu lui-même certains de ses bateaux, comme l’Abeille, un remorqueur à vapeur construit en 1873 qui fonctionnera jusqu’après la Seconde Guerre mondiale, ou le Friquet, un remorqueur diesel. Il ne reste aujourd’hui que des vestiges du port Piketty qui a cessé son activité dans les années 1980.

Carte postale

Dans quelle commune se trouvait cette carrière ?

Cette carrière de pierre meulière se trouvait dans la commune d’Evry-Petit-Bourg. En 1844, on comptait 148 carrières et 572 ouvriers dans ce qui est devenu ensuite le département de l’Essonne, dont 19 carrières pour la seule commune des Molières. Le facile accès à ce matériaux présent à faible profondeur a permis aussi à certains habitants de ne l’exploiter que sporadiquement pour avoir un complément de revenu. On en trouve des exemples dans les monographies d’Epinay-sous-Sénart et Vauhallan.

L’extraction de la pierre meulière a connu son apogée au XIXe siècle, notamment du fait de la politique de grands travaux menée à Paris, mais a très fortement déclinée après la Seconde Guerre mondiale, la meulière étant concurrencée par des matériaux moins onéreux.

Les pierres étaient transportées dans des voitures à traction animale puis empruntaient des rails étroits affectés uniquement à cet usage jusqu’au port le plus proche où elles étaient stockées sur le quai pour être chargées sur les bateaux en fonction des besoins des chantiers. Ce chemin de fer particulier était emprunté par des wagonnets qui pouvaient basculer d’un côté ou de l’autre et permettait ainsi d’approcher au maximum les pierres des barges et donc de limiter leur manipulation. Les ouvriers, appelés bardeurs, chargeaient les pierres dans les péniches grâce à des brouettes qu’ils roulaient sur des planches inclinées vers les bateaux. Tout ceci ne se faisait pas sans dommage, les routes étant abimées par les voitures.

Les pierres étaient ensuite acheminées jusqu’à Paris en descendant la Seine.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *