Bulle culturelle n°10

Photo, 1944

Que s’est-il passé le 18 avril 1944 ?

Le 18 avril 1944, la gare de triage d’Athis-Juvisy a été la cible des bombardements des Alliés afin de ralentir l’avancée de l’armée allemande en vue du débarquement de Normandie. Ce bombardement n’a pas atteint que la gare mais également les quartiers alentours. Dans le quartier du Val à Athis-Mons, l’église et l’école ont été détruites et 1800 familles ont été sinistrées. Le centre-ville de Juvisy-sur-Orge a été lui aussi particulièrement touché.

Les gares n’ont pas été les seules visées par les bombardements du printemps 1944, nombre de ponts sur la Seine en amont de Paris en ont également été la cible. Certains d’entre eux avaient aussi été bombardés par l’armée allemande en 1940. Ce fut le cas du pont de Lyon, construit en 1863 par la compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon entre Athis-Mons et Vigneux-sur-Seine, et sur lequel circule aujourd’hui le RER D. Partiellement détruit en 1940 et en 1944, il est provisoirement remis en service par la SNCF et le Génie américain, puis reconstruit définitivement en 1952. Le pont de Juvisy, construit en 1893 a connu le même sort. Après la destruction de sa travée centrale en 1940, il est reconstruit en 1942. A nouveau touché par les bombardements de 1944, il reçoit un tablier provisoire jusqu’à ce que, désormais appelé pont de la Première armée française, il soit reconstruit entre 1966 et 1968. Eux aussi disparus après 1940 et 1944, le nouveau pont de Ris-Orangis est inauguré le 30 mars 1966 et le pont de l’armée Patton à Corbeil le 18 janvier 1955. Le pont d’Etiolles, entre Soisy-sous-Etiolles et Evry-Petit-Bourg n’a lui été remplacé que par une passerelle après sa destruction en 1940. Cette passerelle est restée en place jusqu’à la construction du pont actuel en 1972-1973. Les culées de l’ancien pont sont encore visibles aujourd’hui.

Photo, 1940

Quelle autre guerre a causé la destruction de ces ponts ?

La Seconde Guerre mondiale n’est pas la seule qui a vu la destruction des ponts sur la Seine. En 1870, dans le but de ralentir l’avancée des troupes prussiennes vers Paris, l’armée française en a fait exploser les culées et les piles. Le pont de Lyon à Athis-Mons s’est écroulé le 14 septembre 1870 et le 17 septembre les troupes prussiennes encerclaient la capitale. Reconstruit en 1871, il a perdu son tablier en maçonnerie au profit d’un tablier en fer. Les ponts d’Etiolles, de Corbeil, de Juvisy, de Choisy et de Ris-Orangis se sont également effondrés. Alphonse Daudet, qui possédait une maison à proximité de ce dernier, dans le quartier de Champrosay à Draveil, nous en a laissé un témoignage :

« Cette année, tout est changé. Les peupliers, toujours debout, mènent au vide. Il n’y a plus de pont. Les deux piles ont sauté, éparpillant tout autour les pierres qui sont restées là. La petite maison blanche, à deux pas du péage, à moitié détruite par la secousse, a l’air d’une ruine toute neuve, barricade ou démolition… La Seine, si longue à traverser, paraît bien plus large qu’autrefois et, derrière les ruines du pont écroulé, entre ces deux rives presque étrangères l’une à l’autre, l’horizon s’agrandit en une sorte de solennité rose. »

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